Bientôt des drones stratosphériques pour l'armée ?

October 11, 2014

La stratosphère intéresse de plus en plus les militaires, et l'armée française pourrait s'équiper dans les prochaines décennies de drones stratosphériques. C'est en tout cas ce que suggère le député socialiste Jean-Yves Le Déaut, qui a remis un rapport parlementaire relayé par Zone Militaire .

 

De tels engins ne seraient pas armés, mais pourraient remplacer en partie les satellites afin d'assurer une exploitation optimale des autres systèmes de drones, évoluant à une altitude inférieure. Ils emporteraient pour cette mission des équipements d'observation et de télécommunications.

 

"Un tel drone peut remplacer le satellite, mais pas les drones évoluant à une altitude inférieure", nous explique Jean-Yves Le Déaut, qui est aussi président de l'office d'évaluation des choix scientifiques et technologiques à l'Assemblée nationale. "Il faudrait au moins une réflexion au niveau gouvernemental, pour évaluer le besoin, savoir si la qualité d'image serait vraiment meilleure, si le service rendu serait amélioré, et surtout si nous pourrions optimiser nos dépenses", explique ce docteur ès sciences. "Les drones que nous avons achetés aux Américains, les Reaper, coûtent très cher", nous confie-t-il, assurant avoir déjà évoqué le sujet avec la Direction générale de l'armement (DGA).

 
"Nous sommes encore très loin"

 

La stratosphère est la couche de l'atmosphère située entre 8 à 12 km et 40 à 60 km d'altitude, selon les endroits. Les avions de ligne volent juste à sa limite inférieure, entre 9 km et 12 km d'altitude, alors que les appareils stratosphériques sont généralement exploités deux fois plus haut. "Les applications militaires d'un drone stratosphérique sont nombreuses, en matière de surveillance, de capture image ou électromagnétique", s'enthousiasme-t-il. Petits, légers et difficiles à détecter, ces appareils "resteraient toutefois vulnérables à certains types de missiles", prévient Jean-Yves Le Déaut. 

"Nous sommes encore très loin de l'aboutissement d'un projet européen", concède l'élu. Mais pour lui, il faut agir vite et, surtout, à l'échelle européenne, en incluant au moins la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne dans un projet ambitieux. Les deux premiers pays sont partants, mais le troisième semble réticent.

"Aujourd'hui, l'on demande à l'Europe de jouer un rôle militaire dans le monde, et seules la France et la Grande-Bretagne sont capables d'agir", regrette le député de Meurthe-et-Moselle. "L'Allemagne devrait jouer un rôle plus important : elle dispose des moyens d'investissement et de bonnes équipes de recherche", assure-t-il. "Quand nous avons pu travailler ensemble en Europe, cela a donné EADS par exemple, et nous avons pu concurrencer les États-Unis", plaide-t-il.

 

 

Deux projets européens

Deux projets d'engins stratosphériques européens pourraient intéresser les militaires français. Chez Airbus Defence and Space, le Zephyr (photo) est promis à un bel avenir. Il a battu le record du vol le plus long lors d'un essai, en restant en l'air du 9 au 23 juillet 2010, soit plus de deux semaines. Développé par le britannique QinetiQ, racheté par EADS (devenu Airbus Defence and Space), le Zephyr est équipé de panneaux solaires pour alimenter deux moteurs à hélice, mais sa charge utile se limite aujourd'hui à quelques kilos. 

Du côté de Thales Alenia Space, on planche plutôt sur un drone au format dirigeable, qui pourrait rester "sur la même position pendant au moins 5 ans à une altitude de 20 km", avec une charge utile plus importante (200 kg), précise Zone Militaire. Sauf, évidemment, si l'armée se tourne de nouveau vers des drones américains, comme les plateformes de haute altitude (HAP) de l'agence fédérale de recherche militaire Darpa (l'inventeur d'Internet) et des laboratoires "Phantom Works" de Boeing, mais encore faudrait-il que Washington autorise leur exportation très tôt dans leur cycle de vie. 

 
Des applications civiles

Ce n'est pas la première fois que des militaires s'intéressent à la stratosphère, puisque des chasseurs et avions-espions sont déjà capables de se positionner dans cette partie de l'atmosphère. Les fameux U-2 et SR-71 Blackbird américains, mis en service durant la guerre froide, en sont des exemples parfaits : pour éviter les défenses antiaériennes les plus répandues, ils peuvent atteindre 27 km d'altitude.

Les engins stratosphériques sont aussi étudiés pour leurs applications civiles. Google a par exemple développé un projet de ballons stratosphériques pour fournir une connexion Internet aux zones très peu denses, et plusieurs constructeurs aéronautiques préparent pour dans quelques décennies des avions stratosphériques, plus rapides et moins gourmands en carburant que les avions classiques. Mais certains scientifiques tirent déjà la sonnette d'alarme contre de tels avions commerciaux : cette partie de l'atmosphère est particulièrement fragile, et l'injection massive de CO2 à ces altitudes pourrait se révéler bien plus néfaste qu'à des altitudes inférieures

 

Par GUERRIC PONCET pour le point.fr

 

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