Drones : Toulouse dame le pion à la Nasa

December 13, 2015

 

 

 

La Nasa en rêvait, deux entreprises toulousaines l'ont fait… Les sociétés Egis Avia, filiale toulousaine du Groupe Egis, et Airborne Concept ont déposé vendredi un brevet qui va tout simplement révolutionner notre futur. Alors qu'Amazon et Google promettent qu'ils nous livreront nos courses par drones, les géants américains de la grande distribution se heurtent à une problématique sur laquelle la FAA, l'agence gouvernementale américaine chargée de l'aviation civile et la Nasa ont buté : l'intégration des drones civils dans l'espace aérien. «Les drones font peur car ils polluent l'espace aérien et qu'il existe un vrai risque de collision avec les avions ? mais aussi parce qu'ils peuvent survoler en toute impunité des lieux sensibles. La filière des drones s'est développée sans qu'on intègre en amont les problématiques de sécurité», analyse Arnaud Le Maout, président d'Airborne Concept. «Nous avons donc inventé une solution qui permet aux contrôleurs aériens, aux avions ou aux forces de l'ordre d'identifier en temps réel la position du drone, pour exercer une surveillance et faciliter la détection de drones destinés à des utilisations malveillantes, rebondit Éric Denèle, chef de projet chez Egis Avia. Nous avons aussi trouvé la réponse aux problématiques d'Amazon et de Google car sans notre système, ils ne peuvent pas effectuer de livraisons avec des drones.»

 

Egis Avia et Airborne Concept ont réussi à «intégrer un transpondeur ADS-B sur un drone à voilure tournante de moins de 10 kg». Concrètement cela signifie qu'ils ont miniaturisé, pour l'adapter aux drones, le boîtier des avions émettant le signal électromagnétique qui permet de les visualiser sur les radars. «Notre transpondeur fait la taille d'une carte de crédit, pèse 100 grammes et peut donc être installé sur les drones civils», poursuit Éric Denèle. «Le monde des drones évolue très vite. Il est donc important qu'il bénéficie d'innovations en termes de sécurité et cette technologie constitue un pas important vers l'intégration des drones dans l'espace aérien contrôlé», se félicite Muriel Preux, directrice du Projet Drones pour la Direction Générale de l'Aviation Civile, qui a assisté sur l'aéroport de Francazal à la présentation des travaux des deux sociétés toulousaines. «Avec ce système, nous nous positionnons en pionniers, conclut Julien Pratx, directeur développement aviation chez Egis Avia. Et c'est assez logique que cette invention ait été mise au point par nos ingénieurs toulousains car nous avons transposé au monde du drone une solution concrète qui vient de l'aéronautique, dans laquelle nous sommes ici bercés quotidiennement.»

 

Arnaud Le Maout, Président d'Airborne

«Toulouse est bien partie pour devenir la capitale du drone»

 

Toulouse est-elle en train de devenir la capitale française du drone ?

 

Honnêtement et sans faire de chauvinisme régional, elle est bien partie pour le devenir. Plusieurs acteurs majeurs du secteur y sont déjà installés et emploient plus de 200 personnes. Le mois dernier, plus de 100 scientifiques toulousains ont décidé d'unir leur savoir en créant le «Groupement d'intérêt scientifique microdrones». Et puis il y a bien sûr ce projet d'établir, sur l'aéroport de Francazal, le Village Robotique et Drones, dans lequel vont se regrouper toutes les entreprises du secteur dès 2018. Ces entreprises y auront à leur disposition une zone d'essais aériens et terrestres ainsi qu'un showroom. Enfin, nous sommes plusieurs entrepreneurs et scientifiques à travailler sur le Salon du drone, dont la première édition se déroulera en 2017 à Toulouse.

 

Le grand public est aujourd'hui familiarisé avec les drones de loisirs et entend aussi beaucoup parler des drones militaires. Quels sont les autres domaines d'application des drones ?

 

Le secteur qui est appelé à connaître la plus grande expansion est celui des drones civils car ses applications sont presque illimitées. À l'horizon 2020, le marché pourrait atteindre 180 millions euros par an pour la France, 1,1 milliard pour l'Europe et 10 milliards au niveau mondial. Les drones sont aujourd'hui utilisés dans le domaine de la vidéo et tout le monde peut le constater puisque la télévision et le cinéma en font grand usage. Mais les drones sont aussi employés dans de nombreux autres domaines comme la surveillance, la sécurité, les infrastructures et réseaux, le génie civil, les industries minières et pétrolières, l'agriculture, l'urbanisme, la modélisation 3D ou encore la thermie. Et demain, ce sont peut-être nos courses qui seront livrées par des drones…

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes collégiens ou lycéens qui souhaitent s'orienter vers cette filière d'avenir ?

 

Ceux qui n'ont pas envie de faire des études longues peuvent opter pour un bac pro électronique, car ils disposeront alors de compétences très recherchées dans ce secteur. Les lycéens qui ont envie de poursuivre des études supérieures sont bien lotis à Toulouse où les deux grandes écoles d'aéronautiques que sont l'ENAC et ISAE-Supaero proposent déjà des filières drones. Enfin le métier de télépilote, qui est le nom que l'on donne aux pilotes de drones, est évidemment appelé à se développer à l'avenir. Dès 2016, il sera d'ailleurs possible de passer un brevet théorique de télépilote.

 

La «Une» de La Dépêche traversera l'atlantique à bord d'un minidrone

 

L'ambiance est aussi grisante que celle d'un premier rendez-vous, lorsque l'on a la certitude, évidemment, qu'il sera suivi de bien d'autres… Et les quatorze personnes qui se réunissent pour la première fois dans cette salle de cours de l'ISAE-Supaero, ce mercredi après-midi de novembre, le savent bien : elles sont à l'aube d'une très belle et très grande histoire, non pas d'amour, mais de technologie. Autour d'Arnaud Le Maout et de Vincent Croze, les cofondateurs de la société Airborne Concept, douze étudiants ingénieurs, âgés de 23 à 38 ans et spécialisés en conception et opération des aéronefs, ont décidé de s'engager dans un projet aussi fou que génial. «Pour commémorer le centenaire de l'Aéropostale toulousaine, nous allons concevoir un mini-drone, d'une envergure de trois mètres et d'un poids d'une vingtaine de kilos, qui traversera l'Atlantique en 2017, entre Dakar, au Sénégal et Récife, au Brésil, dévoile Arnaud Le Maout. Les étudiants vont travailler sur ce projet une centaine d'heures chacun, en nous apportant leur expertise et leurs compétences.» Dans l'équipe, chacun s'est d'ailleurs déjà réparti les rôles et le niveau de discussion de cette première réunion est déjà stratosphérique pour qui n'a pas décroché le bac S avec mention très bien.

 

Une femme aux commandes

 

Marine Masselis, seule femme du team et unanimement désignée chef de projet par ses 11 coéquipiers, prend les commandes de l'interview. «Nous allons travailler sur l'aérodynamique, l'énergie, les systèmes embarqués, la navigation ou le profil de mission», explique-t-elle du haut de ses 23 ans, comme si tout cela tombait sous le sens. Avant de préciser avec tact et diplomatie, pour ne pas froisser ses interlocuteurs, que le profil de mission n'est pas un terme emprunté à une agence d'intérim mais consiste en fait à utiliser au mieux les vents pour que le drone consomme le moins d'énergie possible et arrive de l'autre côté de l'Atlantique. Ce qui est essentiel car ce drone a une mission très spéciale à remplir. «Au lieu de transporter symboliquement une carte postale ou une lettre pour ces 3 600 kilomètres de traversée, le drone embarquera juste à son bord une «Une» de la Dépêche du Midi», dévoile Arnaud Le Maout. La Dépêche, qui a en effet décidé de s'associer à belle aventure, va suivre pendant deux ans les aventures de ces Géo Trouvetou toulousains, depuis la conception de ce minidrone, jusqu'à son atterrissage au Brésil, prévu en 2017.

 

Game of Drones

 

Le Père Noël a du souci à se faire. Si les géants américains de la distribution réussissent, comme ils le promettent, à assurer leurs livraisons par drones d'ici quatre ans, il pourrait rapidement se retrouver au chômage. Car dans ce cas, les cadeaux viendraient toujours du ciel mais ne seraient plus embarqués sur le traîneau de ce bon vieux Santa Claus : ils seraient en effet déposés dans la cheminée par un drone équipé d'un bras télécommandé et ignifugé. Le sort étant cruel, le Père Noël va être condamné cette année à distribuer ce drôle d'engin volant qui risque, à terme, de lui coûter sa place. Tous les spécialistes de la grande consommation en conviennent, le drone de loisirs, dont les premiers modèles coûtent 30 euros, sera incontestablement le cadeau phare de ce Noël 2015 : 150 000 d'entre eux devraient se poser dans vos petits souliers. Suivant l'exemple de nombreuses innovations majeures initialement militaires, comme le satellite, le GPS ou encore Internet, la technologie des drones a été adaptée depuis 15 ans au secteur civil et les drones de loisirs, qui sont les joujoux télécommandés version XXIe siècle, se vendent comme des petits pains. Il convient juste de les utiliser avec quelques précautions.

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